Retours.

Retour sur ce blog, que je pensais fermer il y a quelques mois. Retour sur ce blog car retour au Liban … Après un an et demi d’absence (qui me parait bien plus long). Et comme j’y reviens, et que malheureusement la guerre en Syrie est toujours là, même pas besoin de changer le titre.

Je vais évoluer dans des cercles différents du petit pays, plus anglophones que francophones. Dans des quartiers plus proches de la mer …

Je disais que j’avais l’impression d’avoir quitté le pays il y a très longtemps, jusqu’à ce que j’atterrisse : là, j’ai eu l’impression de n’être partie que deux semaines, tant je me souvenais de tout, même des noms de rues (pour celles qui en ont).

Premières impressions, donc : peu de changements, sinon une plus grande morosité ambiante, et peut-être un peu plus de mendiants dans les rues. La même chose, un peu pire. Au bout de trois jours, une scène ordinaire m’a frappé, résumant à peu près la situation, comme dans bien des endroits du monde : je marchais sur le trottoir, et une grosse voiture rutilante, noire, bien trop grosse pour les ruelles de cette ville, s’est arrêtée au niveau du trottoir, bloquée par les bouchons. De la fenêtre avant dépassait une main et un bout de bras emmanché d’un costard, et un tout petit caniche, pomponé et habillé en rose fuschia. Sur le trottoir à moins d’un mètre, 3-4 enfants de 2 à 6 ans, pieds nus (il faisait 5 degrés dehors), en hâillons et très sales, avec deux femmes accroupies habillées en noir, vêtements salis aussi, qui tendaient la main en marmonant machinalement leurs supplications.

Certains parleront de bandes de mendiants organisés, que leur donner de l’argent ne les aide en rien (voire qu’ils ne sont peut être même pas vraiment dans le besoin !), qu’il vaut mieux donner à une organisation spécialisée. Je suis d’accord en principe, mais voir de façon aussi évidente et incarnée ce concept abstrait de « la différence de richesse s’aggrave dans le monde » est toujours perturbant. Et ne pouvoir y faire grand chose dans l’immédiat, frustrant.

Bref, retour aux réalités de ce monde, et la suite au prochain épisode …

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Tu sais que tu es resté trop longtemps au Liban quand ….

Dans la digne tradition des posts de ce genre, l’expatrié blazé qui veut montrer à quel point il s’est adapté (souvent malgré lui), en voilà ma version :

Tu sais que tu es resté trop longtemps au Liban quand ….

… Quand tu traverses la rue, pleine de voitures roulant plus ou moins vite (oubliez les arrêts et les passages piétons), en sachant instinctivement repérer celle qui n’avance pas trop vite ou celle qui te laissera passer en temps voulu.

… Quand tu regardes passer impassivement des chars ou des jeeps militaires sur la route, à l’unité ou la dizaine à la suite, parce qu’après tout ici, ce sont des véhicules comme des autres.

… Quand face au choix de marcher sur un trottoir ou la route, tu choisis la route (parce que tu sais qu’éventuellement le trottoir posera problème, voir mon post a ce sujet).

… Quand « salut ca va ? Il fait beau c’est cool hein … Au fait hier l’attentat il a eu lieu où ? Ah zut j’ai pas fait mes devoirs pour le cours de Mr bidule … » Devient une phrase assez normale.

… Quand le dit attentat, si lieu à beyrouth sud, te parait très loin, alors que ce n’est qu’à 5 min en voiture.

… Quand une rue voisine est soudaienment bloquée et évacuée par l’armée pour cause de déminage de voiture piégée n’est même plus digne d’un sujet de conversation (ça arrive trop souvent).

… Quand on peut manger un shawarma au snack du coin à l’hygiène douteuse sans tomber malade pendant 3 semaines.

… Quand on pige sans réfléchir sur quel coté de la route se mettre pour prendre un service selon la destination que l’on veut.

… Quand on se demande ce qu’il se passe le 1er mai : la ville est silencieuse, on peut même entendre le bruit des voitures dans la rue. Ah oui, les travaux sont arrêtés.

… Quand, pour accompagner une amie qui a besoin d’un interprète dans une interview dans un quartier un peu « tendu », tu prépares ton sac en sachant sans réfléchir quelles affaires et livres prendre ou pas prendre « pour pas avoir d’embrouilles au cas où tu te fais arrêter par le Hezbollah ». (Et que ca ne soit même pas une source de stress plus grande que « ne pas dépasser les 130 km sur l’autoroute au cas où il y a des radars » en France … Ca fait partie des éventualités à prévoir).

… Quand on ne s’énerve même plus que la connexion internet saute toutes les deux minutes. (A la limite, on est flippés si elle tient plus d’un quart d’heure, comme si on faisait quelque chose d’illégal !).

… Quand on connaît les heures de coupure d’électricité – qui changent tous les jours – sans réfléchir au saut du lit (« Ah oui faut que je recharge le téléphone maintenant, dans une heure et demie ça coupe »).

… Quand tu visites Tripoli, avec sa majorité de la population vivant en état d’extrême pauvreté, ses batailles quotidiennes et ses drapeaux jihadistes flottant ici et là, te paraît infiniment plus calme et reposante que Beyrouth. (Et c’est vrai, de toutes façons).

(Et ajout de mon amie A., autre blasée du Liban : « … Quand tu ne sursautes même plus s’il y a des coups de feu »).

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Un dimanche (presque) comme les autres.

«Restez en zone orange, la zone rouge est formellement déconseillée.» Nous avons fini par avoir une réunion de sécurité sur les lieux de nos cours (il était temps, 3-4 mois après notre arrivée … Mais ils ne nous ont rien appris qu’on ne savait déjà). La zone orange se réduit comme peau de chagrin, et je la trouve bien relative : Tripoli est zone rouge, mais il y a eu nettement moins d’attentats là bas ces derniers mois qu’à Beyrouth, zone orange/rouge. Mais il y a des batailles de rue, certes, comme le montre ce reportage.

En tous cas, il y a deux jours, les forces de l’ordre ont désamorçé une voiture piégée à 500m de là où je me trouvais (à Beyrouth), faussant par là les statistiques : cela fait plus d’une semaine qu’il ne s’est rien passé à Beyrouth … Tant mieux, certes !

Mais il est étrange de voir à quel point on s’habitue à tout : j’avais oublié cet incident deux heures après, de nouveau préoccupée par mes petits souci quotidiens très banals (courses, devoirs, etc). Et satisfaite de ma petite virée du dimanche précédent, au «Kandahar du Liban», comme ont surnommé les journalistes américains un village en bordure syrienne, Majdal al Anjar. Zone rouge s’il en est, pour ne pas dire noire, j’ai eu l’occasion folle de pour m’y rendre grâce à un bon contact, en compagnie de trois amies …

Village, qu’on appelerait «petite ville» en France, qui constitue la bordure même des deux pays (les douanes/check-points se trouvent en plein milieu de la route principale), ce village est le point principal de passage entre le Liban et la Syrie, étant placé en ligne droite entre Beyrouth et Damas. Joli petit village étalé dans la plaine orientale de la Békaa, entre quelques collines, et plein de grosses maisons luxueuses, assez surprenant quand on sort de Beyrouth et ses restes de bâtiments en ruines.

Comme nous l’expliquait notre contact, ce village comme beaucoup d’autre endroits dans al région ont suivi les modes : après une ère de communisme, les gens avaient adhéré aux frères musulmans. Aujourd’hui, le grand truc, c’est le salafisme. Et c’est devenu en quelque sorte la capitale libanaise de ce courant, notre contact lui-même s’en revendiquant. Qui dit salafisme, dit tout ce qu’on peut y trouver de plus ou moins lié : un hôpital clandestin pour djihadistes, et beaucoup de lieux et de bâtiments liés à des personnages «héros» locaux, «terroristes» pour le reste du monde. En écoutant leurs histoires, en découvrant leur lieux de vie, on se rend compte à quel point la frontière entre les deux notions est brouillée, à quel point elles ne sont pas aussi catégoriques que celles d’un bon reportage télé bien vendeur.

On a eu donc l’occasion de passer un dimanche très agréable, à l’air frais, selon le cliché de la visite familiale du dimanche : notre contact nous as accueilli chez lui, avec sa mère, sa femme et ses trois petites filles, dans le quartier habité par divers membres de sa famille ou liés à sa famille («ici c’est un de mes frères, un ancien communiste, en face, c’est le leader salafiste du pays»). Repas fait maison absolument délicieux préparé par la grand-mère, la femme et lui-même (et moi qui croyait que certains restaux à Beyrouth étaient bons …), on a papoté de tout et de rien : la ruche d’abeille dans le jardin est vide, l’hiver a été trop rude, les chaînes de télé ne montrent que ce qu’elle veulent bien montrer, tout est politisé et aucune n’est vraiment fiable … Les conversations qu’on retrouve dans toute réunion familiale, y compris les discussions sur les complots internationaux.

S’ensuivit une visite aux ruines locales d’un temple romain, avec une vue magnifique d’un côté sur la vallée principale de la Békaa, et la petite cuvette du village de l’autre côté, bordée par une chaîne de collines. Ruines fermées au public et surveillées par l’armée qui a posé ses quartiers en hauteur de ce «village dangereux», mais notre contact a réussi à négocier une ouverture temporaire, et on a pu prendre des photos à notre guise entre gambadant sur les vieilles pierres.

Vue idyllique, vallée verdoyante, grand soleil, jolies ruines, air frais. Mais une bande-son complètement contradictoire : des coups de feux par intermittence qui venaient du village, et des explosions un peu plus loin, juste derrière les collines, qui se faisaient entendre. C’est là, que je me suis rappelée des explications de notre contact : la chaîne de collines en question, si près, surplombant directement le village, est déjà en territoire syrien. Juste derrière, à 30 min en voiture ou moins, c’était Damas. Ce qu’on entendait, c’était la guerre en direct.

Un village au pied de la Syrie

Un village au pied de la Syrie

 

Je n’avais encore jamais eu cette sensation de déconnexion entre les choses, de façon aussi spectaculaire : ce dimanche complètement banal, fait de balades et de discussions familiales lambda, et ce contexte en décalage total. En redescendant des ruines, nous avons rencontré un ami d’enfance de notre contact, un beau barbu accompagné de sa femme en niqab, et au moment où je me disais «ah tiens, un bon cliché ! Nos politiques français kifferaient», notre contact nous expliquait que c’était un trafiquant d’armes, mais qui revendaient ses armes un peu cher («il aime les sous»), un peu comme il aurait parlé d’un marchand de tissus. Le ton relevait vraiment de cela : contexte oblige, on fait les métiers qu’on peut pour faire vivre sa famille … Ici les armes, ça marche mieux que le tissu, ma foi c’est comme ça. Il nous a ensuite expliqué que c’était avec lui, entre autres, qu’ils se précipitaient après les cours, enfants, sur cette colline pour jouer au milieu des ruines. Comme ma grand-mère m’aurait dit qu’avec la voisine elles faisaient les 400 coups à la sortie de l’école …

En traversant le village en voiture, on a croisé tel sheikh chassé de Lybie du temps de Kaddhafi, tel chef de tel mouvement, telle mosquée dédiée à tel bonhomme … Sur le papier, on aurait pensé qu’on était au coeur de la folie absolue, du pire cauchemar de Carrie dans la série Homeland. Mais dans les faits, on était réellement dans un village paisible, habité par des gens beaucoup plus normaux que ce que les journaux nous laisseraient penser. Car en dépit de tout ça, et c’est le plus inattendu, c’est l’impression qui m’est restée : une sensation de village paisible. Campagnard et traditionnel, comme n’importe quel village par rapport à une capitale. Et c’est ce qui m’a le plus intrigué : en dépit de la bande-son, de cette guerre plus que voisine, de ce qu’on peut savoir à travers les médias … La vie ne ressemble pas à un film : comme Beyrouth, les moments de calme absolu étaient bien plus nombreux que les explosions. Et peut-être n’en paraissaient-ils que plus calmes, comme plus appréciés ?

La guerre m’a paru comme quelque chose de très intermittent : une salve là, une série d’explosions pendant 2h, puis plus rien. On peut repartir vaquer à nos occupations, faire à manger, aider des réfugiés, discuter, regarder la télé, attendre que l’électricité revienne, jouer avec les gosses. (A condition bien sûr de ne pas perdre un proche dans une des explosions sus-dites, dans quel cas la perception serait rès différente pour un temps … Comme partout, en un peu plus «intensif» peut-être, tout est affaire de ne pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.).

L’homme une fois de plus m’a étonné par cette capacité à tisser de la normalité au milieu d’une situation aussi anormale. Je n’ai aucun mal à croire ce que les gens racontent des soirées beyrouthines de folie du temps de la guerre civile au Liban …

 

Ruines dans la vallée de la Békaa

Ruines dans la vallée de la Békaa

2 Commentaires

Classé dans Uncategorized

Pour une sociologie de la voiture au Liban

… (et quelques remarques sur les tranports en commun).

En parlant avec mon amie en revenant d’un café à Hamra, on a convenu qu’il y avait une particularité qui sautait aux yeux dans ce pays, dans le sens figuré comme dans le sens littéral (malheureusement) : la voiture.

Tout nouvel arrivant dans le pays du cèdre (ce fameux arbre que je n’ai toujours pas vu ailleurs que sur les drapeaux) remarquera cette bizarrerie qu’est la voiture pour les libanais. Je n’avais personnellement jamais autant vu de 4×4, de voiture de sport de luxe, et de «grosses voitures» en général. Et les innombrables voitures normales qui encombrent tout (les routes et les trottoirs).

Mais sur un pays aussi petit (environ la taille d’une région française moyenne), l’effet «grosse voiture» est démultiplié, et rendu ridicule, surtout dans une ville comme Beyrouth : qui a vraiment besoin d’un 4×4 pour aller faire son shopping à Hamra ou au centre ABC ? Beaucoup de femmes sur-maquillées en tous cas … (oui, les libanaises sont très apprêtées, et assez souvent refaites aussi, ce n’est pas une légende.)

Il y a aussi un nombre certain et auditivement remarquable de voitures tunées, qui apportent leur (très haute) dose sonore de bruit rythmé, qui fait généralement trembler les bâtiments environnants et vibrer les corps des passagers pendant quelques secondes. Moi qui vient pourtant d’un pays où la voiture tunée n’est pas une nouveauté (même si c’est toujours une curiosité), je n’en avais en fait jamais vu débouler en plein centre ville avec la musique à fond à ce point là. Je dois en déduire qu’il y a des lois au niveau des décibels dans l’espace public en France qui ne doivent pas forcément exister ici … Ou du moins la police ici n’a peut-être pas que ça à faire. Car il y a effectivement un phénomère plus inquiétant et tristement connu : les voitures piégées.

C’est le pendant négatif de cette obsession qu’est la voiture dans ce pays, la preuve que, si ce n’est déjà fait, il faudrait consacrer une étude à la voiture au Liban. Pour une raison ou une autre, les attentats (en moyenne un par semaine depuis un mois) se font exclusivement à la voiture piégée. Pas de bombe artisanale placée stratégiquement auparavant, pas de ceinture d’explosifs … Mais toute une série de voitures piégées, quelque soit le groupe revendiquant l’attentat en question.

J’ai d’ailleurs lu un article en anglais il y a quelques jours dans le Daily Star (journal libanais en anglais), citant le ministre pas intérim de l’intérieur qui expliquait qu’ils avaient une liste de voitures volées et piégées, et que parfois ils les retrouvaient, «et des fois pas». Ce qui explique aussi le certain nombre de bouclages éclairs de quartiers ou de rues dès l’annonce d’une menace de bombe : c’est probablement qu’une de ces voitures a été repérée, et que les forces armées sont envoyées pour désamorcer la dite voiture.

Je termine ce billet par quelques remarques pour celui ou celle qui s’aventurerait aux transports en commun à Beyrouth :

  • La particularité des transports en commun (voiture ou bus) est d’avoir une plaque d’immatriculation rouge, et un autocollant blanc sur le pare-brise (deux détails importants).

Nous avons donc :

  • le taxi : voiture normale avec une plaque rouge, et normalement un autocollant blanc. Si vous voulez que la chauffeur ne prenne que vous, et vous emmène à une adresse précise, vous lui dites «taxi», et vous négocier le prix, avant de partir de préférence. Les prix, pour un trajet interne à Beyrouth, vont jusqu’à 10 000 livres (5 euros), et jusqu’à l’aéroport 15 000.
  • le service : voiture normale, etc … Le même chauffeur peut choisir de faire taxi ou service, selon les demandent du/des client(s) (et son humeur). Mais vous trouverez des taxis faisant «service» plus facilement sur les routes parallèles au axes commerciaux et sur les grands boulevards, tandis que les taxi aux environs proches des zones commerciales (Hamra street, malls …) insisteront pour faire «taxi» et surtout pas «service». Et donc si vous arrêter un taxi, vous lui demander «service» et une destination générale : c’est à dire un repère de la ville très connu (le musée, la rue principale d’un quartier, un carrefour …) qui sert en quelque sorte de «stop» général comme pour les bus. Le prix de la course est alors de 2000 livres (1 euros) ou peut être un peu plus si c’est vraiment à l’autre bout de la ville. Une fois qu’il vous dépose là, à vous de rejoindre à pied le lieu précis qui vous intéresse …
  • le bus : qui va du mini-van au bus taille réelle. Il y a deux compagnies de bus, et les plans de bus sont facilement trouvables sur Google. Dans les faits, il faut mieux aussi prendre le temps d’observer un peu qui passe par où, quitte à arrêter le bus qui passe devant vous pour lui demander où il va, même si c’est pour ne finalement pas y monter. Système étrange pour qui ne connait pas les pays arabes, mais qui est également plus efficace que nos bus français : un bus a une direction générale (de point A à point B) et un itinéraire qui peut varier parfois (s’il y a un bouchon il prendra une rue parallèle, ou s’il n’a pas assez de clients il se peut qu’il fasse une petite boucle), mais aucun arrêt spécifique entre A et B ni horaires de passage. Si vous voulez descendre, vous demander au chauffeur, et il s’arrête, pourvu que cela soit sur son itinéraire. (Même si c’est en plein milieu d’un carrefour !). Pareil pour monter : vous restez au bord de la route, où que ce soit, du moment que c’est la route de l’itinéraire du bus, et vous attendez de voir le bus passer et vous lui faites signe d’arrêter, ce qu’il fera (à moins qu’il ne soit bourré à craquer). Je n’ai personnellement jamais attendu plus de 3 minutes le bus, quelque soit l’heure (variables selon les numéros, mais en général de tôt le matin à tard le soir), et le jour de la semaine. Il y en a toujours, et partout. Et ca ne coûte que 1000 livres (50 centimes) ! Et c’est une expérience assez hors du commun pour un européen … Les bus sont en général dans un état qui ne laisse pas penser qu’ils puissent encore rouler, et pourtant ! Sans parler, comme pour les taxis, des décorations internes et externes, à thématique religieuse ou autre (j’ai noté une prédilection pour les slogans divers et variés sur les vitres en lettres dégoulinantes style «film d’horreur»). Bien sûr la ceinture est inexistante, et la portière coulissante peut très bien rester ouverte tout le long du trajet, pour un peu qu’il fasse chaud… Ou que le dernier passager à monter n’ait pas daigné la refermer. Dans quel cas, le chauffeur peut aussi penser à la refermer en accélérant puis freinant d’un coup, et la porte se referme efficacement à grand fracas (ou même pas, si le freinage est bien dosé).

Remarque importante : après avoir entendu divers témoignages directs et indirects sur les incidents recontrés avec les services, qui font du vol de portable à la tentative de kidnapping, les conseils sont en général :

  • Ne pas prendre de service seul(e) le soir, mais plutôt avec un ou plusieurs ami(e)s si possible, car avant d’arrêter le taxi/service, on ne sait pas qui se trouve dedans, qui sont les autres clients qui peuvent déjà y être. Et qui ne sont peut être pas de simples clients.
  • Privilégier de toutes façons les bus : même si vous êtes une femme seule et que le bus est rempli d’hommes, vous ne risquez rien. (Ce qui je sais n’est pas forcément le cas dans d’autres pays comme l’Egypte. Je dirais même au contraire : plus il y a d’hommes, plus certains sont susceptibles de jouer les gentlemen, par exemple vous laisser sa place s’il n’y en a plus ou vous aider en quoi que ce soit)
  • Et regarder toujours si la voiture (ou, plus rare, le bus) a l’étiquette blanche. La plaque rouge ne suffit pas (ce peut être tout simplement une plaque blanche repeinte pour l’occasion). Il faut qu’il y ait l’étiquette blanche, qui atteste que le chauffeur est enregistré en tant que tel auprès de l’Etat. Ce qui veut dire qu’il est moins susceptible de vous rouler au niveau des prix, et qu’il sait où il va … Lors des rares fois où j’ai pris des taxis sans étiquette, soit il ne savait pas où était la direction que je demandais, soit il demandait plus cher, soit il avait un comportement vraiment bizarre. Je ne dis pas que l’étiquette est le bouclier absolu contre le danger, mais on voit malgré tout une nette différence.

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Inanités et catastrophes

A la mi-décembre à Beyrouth, je suis allée avec une amie assister à une projection organisée par l’UNHCR (Haut Commité aux Réfugiés de l’Onu) sur la situation des réfugiés syriens au Liban. Une série de petites vidéos montrant leur vie et leurs besoins, visionables ici, pour alerter les esprits sur cette situation dont tout le monde semble se foutre, il faut le dire.

Mais si l’intention était bonne, la manière m’a rempli d’un grand sentiment de désarroi : la projection se passait dans un grand cinéma classieux dans les environs d’Achrafieh et Mar Mikhael (quartier riche et quartier branché), dans ce qui me faisait penser à un sorte de petit rassemblement « entre gens bien » dans le 16ème à Paris. Le public remplissait la moitié de la salle, des casques avec traductions simultanées étaient disponibles, les discours d’introduction n’en finissaient pas de courbettes et de pomperies diverses, mais passons, c’était pour la bonne cause.

A la fin, une des familles de réfugiés, présentée dans les vidéos dans leur conditions de vie misérables, a été invité sur la scène, alignés sur des chaises sous le regard du public, les projecteurs dans leurs yeux, ce qui donnait plus l’impression d’une présentation d’espèces animales curieuses que l’ouverture d’un dialogue entre différents univers … Et les questions du public. Je n’en croyais pas mes oreilles. Le public posait des questions pseudo-intellectuelles qui n’avaient pas du tout leur place, devant cette famille de réfugiés : « mais quand vous dites « camp de réfugiés », est-ce que c’est une notion qui recouvre plusieurs réalités, y a t-il des camps mieux fournis que d’autres ? », « qu’est-ce que le mot « réfugié » désigne exactement, entre ceux qui quittent leur pays volontairement et les autres, et … » Le genre de question qui est peut-être pertinente dans un bureau de fac entre doctorants, mais devant des gens qui n’ont ni à manger, ni maison, c’était d’un ridicule achevé.

Le summum en tous cas était le « pot » proposé après la séance, dans l’entrée du cinéma : des petits fours et petits mets salés « typiques syriens » et … du vin blanc et du vin rouge. Rien d’autre. Même pas de l’eau. Que du vin. Pour un public à moitié musulman, et surtout une famille de réfugiés syriens « d’apparence musulmane » invités d’honneurs et affamés … Mon amie et moi, qui ne buvions pas d’alcool non plus, sommes restées bouche bée. En plein milieu de Beyrouth, avec des gens qui sont sensés réfléchir beaucoup dans leur vie à propos des crises sociales et des différences culturelles et tout ce genre de chose, cette séance nous a révélé en plein, en réel, ce que la série « Kaboul Kitchen » de Canal+ suggérait déjà sur le milieu de l’humanitaire et de l’urgence internationale. Des bonnes intentions … Et des plantages incroyables.

Quelques jours après, cette même amie et moi avons accompagnés des volontaires ponctuels et des membres d’une association qui s’occupent des réfugiés syriens, pour une mission de distribution de bottes d’hiver (pour ceux qui ne le savent pas, le Liban est très froid en hiver, avec neige, pluie … et cette année, une tempête exceptionnelle en plus, prénomée Alexa). C’était l’expérience inverse : des gens qui n’étaient pas du tout professionnels de l’humanitaire, avec ce qu’on peut en ressentir d’organisation approximative, mais d’une certaine efficacité, et visible très rapidement : ils avaient rassemblé des dons pour commander des bottes en gros de Chine, et ils ont procédé en quelques jours à la distribution de ces bottes à travers les camps plus ou mois informels de réfugiés syriens qui parsèment la vallée de la Békaa.

La Békaa, vallée très froide l’hiver, entre deux chaînes de montagnes qui courent du nord au sud, de la neige partout … Et des « camps » : des tentes faites de bâches en plastiques et matériaux divers récoltés ici ou là. Avec nos manteaux chauds, on tenait difficilement 10 min hors de la voiture, je n’osais pas imaginer l’horreur de vivre dans ces conditions (et je comprenais pourquoi les journaux arabes étaient remplis d’histoires de personnes mourant de froid) … Les gens accouraient vers les cartons de bottes, et il était difficile de trouver les tailles pour tout le monde, certains enfants qui sont arrivés pieds nus ont dû repartir pieds nus en attendant la prochaine livraison ; et difficile de distinguer quelles personnes appartenaient à quel camp pour ne pas donner deux fois des bottes aux mêmes (sans compter ceux qui vivaient à part dans une cabane isolée, et qui ne pouvaient pas justifier d’habiter tel ou tel camp).

Et bien sûr chaque famille avait son lot d’histoires terribles, à l’exemple de ce père qui montrait, dans son carnet de famille, qu’il avait un fils qui l’attendait dans sa « maison » (en photo ci-dessous), ne mentionnant pas les autres membres de la famille indiqués dans le carnet de famille, la conversation nous faisant compris qu’ils étaient morts ou disparus.

Tente de réfugié, vallée de la Békaa

Nous avons donc eu un aperçu en une semaine ou deux, dans le monde de l’aide internationale … Beaucoup de possibilités, beaucoup de moyens, et malheureusement beaucoup trop d’inefficacité pour un des plus grandes crises humanitaires de ces dernières années …

Les réfugiés syriens forment aujourd’hui environ 25% de la population totale au Liban. Pays qui a déjà du mal à fournir de l’électricité à ses habitants … (si encore il n’y avait que ça comme souci : je viens d’apprendre en moins de deux jours qu’un attentat avait eu lieu dans le centre ville, dans un des coins les plus sécurisés de la ville, et qu’Israël avait bombardé le sud du pays).

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

De retour du Paradis

Pour ceux qui ne le savent pas, nom terrestre : Sultanat d’Oman.

Barrage et Wadi vers Quraryat

Après avoir entendu pendant des années une longue suite d’avis négatifs, méprisants et réducteurs sur les pays du Golfe, je m’étais mise dans mon état d’esprit habituel avant de voyager : tout oublier momentanément et ne m’attendre à rien de spécial.

L’occasion était en or : une semaine de vacances, un billet d’avion vraiment pas cher (merci Air Arabia, l’EasyJet du coin), une amie qui vit là bas et qui avait de la place pour m’accueillir … Me voilà donc partie pour accomplir un vieux rêve, alimenté par les livres et les reportages Arte. Et ce fut un choc.

Choc visuel et esthétique : en atterrissant, on pouvait déjà voir depuis l’avion que l’aéroport était beau, avec des arches et tout ce genre de détails qui changent le look d’un bâtiment banal, et en sortant par la porte des arrivées, on ne voyait que des gens bien habillés (ok, j’ai un jugement très subjectif : un homme en dishdasha sera pour moi toujours plus classe qu’en jean-basket). Et pendant tout le séjour, je n’aurai finalement pas vu un seul bâtiment moche. Tout ressemble à des vieux forts, la plupart des maisons, toutes blanches ou ocre, ont des petites tours et des toits crénelés, même les tank d’eau en plastique sur les toits sont blancs et crénelés ! On sent qu’il y a une volonté d’esthétique très poussée, dans les moindre détails : par exemple certains ponts d’autoroutes, au lieu du béton gris, sont taillés en colonnes grecques, avec une couleur rosée, ou encore les parkings derrière les supermarchés : ces espèces de petits cubes gris qu’on trouve souvent (pour l’aération ou l’électricité ou je ne sais quoi) sont là blancs et immaculés. Et crénelés souvent …

IMG_8594

Choc olfactif aussi : dès l’aéroport, comme partout ailleurs, cela sentait le parfum et l’encens. Et le pays entier, littéralement, sent le parfum et l’encens. Les gens tout d’abord, qui en mettent sur leur habits, mais les lieux également : que ce soit le supermarché, le bâtiment officiel, le café ou la mosquée, on verra très souvent un type se balader avec un encensoir et le promener à travers les pièces pour maintenir un niveau olfactif optimum.

Et choc linguistique : au bout de trois jours, je me suis rendue compte que je comprenais tout ce que les gens disaient. Je n’ai jamais étudié de dialecte du Golfe, mais en 3 jours je comprenais bien plus l’omanais que le libanais, que j’étudie, lui, depuis 3 ans … Que les dialectes du Golfe soient mes préférés jouent peut-être un rôle, mais à ce point !

IMG_8518

Bref, c’est en gros le pays que j’attendais depuis ces 5-6 ans que j’étudie l’arabe. A part Jérusalem et les déserts jordaniens, je n’avais pas eu cette sensation d’avoir trouvé ce pour quoi je faisais de l’arabe … Et un lieu où je me verrais tout à fait vivre, malgré les contraintes (très peu de transports en commun, etc). C’est, comme je me suis dit le premier jour, en observant le paysage depuis le balcon, l’Australie version arabe : immense, le désert pas loin, très peu de gens, un calme olympien,  une sentation d’être au bout du monde mais pas complètement déconnectés comme sur une île, et des habitants gentils, qui parlent calmement et qui ne semblent jamais s’énerver.

Pour compléter la comparaison, nos 7 heures d’attente à l’aéroport de Sharjah nous a permis d’aller faire un aller-retour rapide à Dubaï, et là, j’ai découvert Melbourne (ou n’importe quelle mégalopole occidentale) version arabe. Même multitude de langues et de nationalités, de couches sociales, ces mondes qui se côtoient sans jamais vraiment se toucher, avec la particularité de cette haute caste émiratie que l’on voit déambuler de temps en temps, dans leur sobres et élégants noirs et blancs au milieu de ce festival de couleurs … Des dimensions sociales étrangères à notre conception occidentale certes, mais ce qui ne fait qu’ajouter à la fascination que j’ai eu pour le lieu.

Burj Khalifa

Burj Khalifa

Les deux jours que l’on a passé en déplacement dans l’avion étaient eux aussi un dépaysement en lui-même : à l’aller, on était dans un avion rempli à moitié de travailleurs indiens qui retournaient chez eux à Colombo, et l’autre moitié des pèlerins shiites omanais qui revenaient de la Ashoura en Irak … Au retour, on buvait un sprite à côté d’un vieux Hazara enturbanné, et on a eu l’impression de croiser le monde entier, et les vêtements du monde entier, y compris ceux qu’on ne croise jamais, comme les Afghans.

Malheureusement, 4 jours ne suffisent pas à découvrir Oman, on en aura vu que le minimum (la capitale et les alentours), pas même le désert … Mais ce n’est qu’une raison de plus pour y retourner.

image 2

Et le retour à la réalité, en forme de Beyrouth et de cours ennuyeux, est assez rude. Heureusement que j’aime assez les villes sales, désorganisées et qui puent les gaz de voiture, et que Beyrouth regorge d’assez de cafés et de librairies pour me rendre la vie facile, mais de savoir qu’il y a un endroit dans lequel je me sens tellement mieux ne me facilite pas les choses, surtout supporter des cours qui me donnent l’impression de perdre mon temps …. J’aurai eu en tous cas l’instinct de partir cette semaine en particulier, c’est-à-dire au moment d’un nouvel attentat, à dix minutes en voiture de chez moi, qui a eu lieu contre l’ambassade iranienne mardi dernier.

La guerre voisine ne se fait jamais vraiment oublier …

2 Commentaires

Classé dans Uncategorized

La sueur, la poussière et le sang

Le jour de la Achoura à Nabatiyé, Sud-Liban.
(Oui il est vrai que vous n’aurez pas beaucoup de compte-rendus des boîtes de nuits beyrouthines avec moi, bien qu’elles soient, paraît-il, fameuses).
On ne change pas une équipe qui gagne, dit-on. Donc avec la même équipe de « Byblos », qui s’était retrouvé par mégarde en zone rouge à Tripoli, on a décidé cette fois-ci de retenter une virée dans l’autre direction : plein sud, et zone rouge toujours, d’après la même carte.
Nabatiyé, petite ville de province, fief du Hezbollah, habitants majoritairement musulmans chiites (forcément).
C’est là qu’a lieu en particulier chaque année, comme dans toute région chiite, la commémoration de la mort de l’imam Hussein, petit-fils du Prophète, tué avec sa famille par le calife de l’époque et son armée.
Particularité de cette fête religieuse : un haut sens du spectacle, et de l’effusion d’hémoglobine … Je ne pensais pas prononcer un jour une phrase telle que « Arf, j’ai les semelles qui collent au goudron, d’avoir traversé des rivières de sang ! »

Donc toute l’action se passe entre le lever du soleil et une heure de l’après midi, environ.
Soleil, ville à bâtiments peu élevés, la chaleur monte vite. Il y a d’abord les processions qui commencent. Des groupes d’hommes, jeunes, moins jeunes, font le tour des rues principales, qui entourent le stade, de façon plus ou moins organisée, avec des drapeaux et des banderolles. Ils portent tous un vêtement ou un tissu blanc, ils ont tous des épées ou des gros couteaux à la main, ou encore des espèces de martinets en chaînes de fer, et commencent à s’autoflageller, et ce en marchant, avec slogans, chants ou mots définis en mémoire du martyr de Hussein et sa famille. Les femmes regardent depuis le trottoir ou suivent les processions, toutes vêtues de noir (beaucoup en tchador). Certaines prennent part aux processions. (A noter : grande mixité, à aucun moment je n’ai vu d’endroit interdit d’accès à l’un ou l’autre sexe, contrairement à ce que j’ai pu entendre à mon retour par des personnes qui n’y était pas allées.)

Donc le début est déjà assez impressionant, mais ca le devient plus quand le sang commence à couler : les plus jeunes utilisent du sang d’animal, mais pour la plupart, c’est leur propre sang. Ceux qui ont les martinets se frappent le dos jusqu’au sang, et les autres se font une entaille sur la tête, sur laquelle il tapent avec la main rythmiquement (ou le plat de l’épée). En imaginant ca avec des centaines de personnes, on comprend que très vite, le sang coule litteralement dans les rues, l’odeur prenante dans les narines, et que certains s’évanouissent. Il y avait des unités de secours à tous les coins de rue, justement pour tout ceux, assez nombreux, qui persévéraient dans la procession jusqu’à ce qu’il ne tiennent plus debout. Au milieu de tout ca, certains étaient montés à cheval ou chameau, habillés en costumes et armures façon 7ème siècle, acteurs de la reconstitution de la bataille de Karbala qui allait prendre place à 11h30 sur le stade.

Stade relooké pour l’occasion : dunes de sables, tentes, palmiers … Et tout un tas de guerriers, dont Hussein, Abbas, et Yazid, le fils du caliphe de l’époque, qui ordonne le massacre … Le spectacle (appelé « tazieh » en Iran, il me semble) durait une heure et demie, et c’était impressionant à tout point de vue : tout en arabe classique, une bande son très bien montée, avec musique et chants qui ressemblaient étrangement aux chants traditionnels corses, et une coordination incroyable, entre les mouvements de batailles, de chevaux, et les dialogues des personnages (les acteurs devaient bouger les lèvres et faire des gestes en accord direct avec la bande son – de par la grandeur du stade, ils ne pouvaient pas parler directement – et il n’y a pas eu de faux pas).
Et comme toute grande épopée, la fin était connue de tous, tragique, mais l’émotion et le suspense est toujours là, les gens s’y préparent, et ce spectacle, qui se déroulait pendant que les processions finissaient, que le sang coulait, que les tambours graves se faisaient entendre dans les rues, que les mollahs, assis dans les tribunes juste derrière nous, pleuraient comme des enfants, et comme toutes les centaines de gens qui nous entouraient, a été un des moments les plus forts que j’ai vécu, et l’exemple le plus éclatant de la notion de catharsis.
Catharsis totale, et pas seulement intellectuelle à l’exemple du cours de littérature sur la tragédie grecque quand on a plus envie de faire la sieste que d’écouter le prof, ou que l’on va au théâtre, armé de notre esprit critique qui nous gâchera la moitié de la pièce … La ferveur religieuse de ces gens normaux (et pas fanatiques, j’insiste bien là dessus, cela n’avait rien de sectaire*), ce rassemblement hors norme, ont fait de ces reconstitutions et processions des métaphores vivantes et transcendantes, et très difficile à comprendre si on se contente des photos et des compte rendus comme le mien, finalement.

Mais si vous avez la chance un jour de vous retrouvez en terre shiite au moment de la Achoura, surtout, ne ratez pas ça, même si la vue du sang vous fait peur (ce qui était le cas des autres filles de l’équipe Byblos) !

mosquée à Nabatiyé

* les gens étaient gentils avec nous autres étrangers, paumés là au milieu, et ne cherchaient même pas à nous « embrigader » dans quoi que ce soit, et comme dans tout rassemblement, il y avait les marchands de pop corn, de café, les gens qui pianotaient sur leurs téléphones, les gosses qui couraient partout …

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized